Franck Seguin, photographe et nouveau « Peintre officiel de la Marine »

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#Art et culture #Gens de mer

Le 01 juillet 2026

Le 2 juillet, le chef d’état-major de la Marine intronisera officiellement, au musée national de la Marine, onze nouveaux Peintres officiels de la Marine (POM), choisis parmi une quarantaine de candidats. Une promotion au goût particulier en cette année anniversaire des 400 ans de la Marine nationale. Rencontre avec l’un des heureux élus, le photographe Franck Seguin.

Propos recueillis par l’enseigne de vaisseau de 2e classe Titouan Lechevallier

Article en partenariat avec Cols.bleus

Comment la photographie est-elle entrée dans votre vie ?

Franck Seguin : Je pense que mon premier souvenir derrière l’objectif est lié à la Marine : pendant mes classes au Centre d’instruction navale (CIN) de Brest, j’ai investi dans un appareil pour prendre mes camarades de promo en photo et immortaliser nos moments de vie là-bas. Même si l’aventure Marine n’a pas continué, j’ai gardé mon appareil photo en main et suis devenu photographe pour la station de ski des Arcs. C’est là que j’ai appris à faire des photos dans le feu de l’action, à un moment clé où apparaissaient pas mal de nouveaux sports. Un des moniteurs de ski de cette station écrivait un bouquin sur son travail quand j’y étais et cela a été un premier tremplin lorsqu’il m’a proposé d’illustrer son livre.

Depuis, vous avez signé 17 livres contenant vos photos et des milliers d’articles sportifs sont parus avec vos clichés… Comment avez-vous réussi à évoluer dans ce milieu de la photo ?

F. S. : Après ce premier livre, je suis resté en contact avec la maison d’édition, Robert Laffont, avec qui j’ai fait tous mes livres suivants. En parallèle, je suis passé par diverses agences de sport avant de créer la nôtre avec quelques amis photographes. L’Équipe m’a ensuite appelé pour devenir chef de leur service photo. Je suis désormais le directeur de l’image des trois magazines que produit L’Équipe, tout en restant sur le terrain dès que je le peux.

Justement, qu’est-ce qui vous plaît sur le terrain ?

F. S. : Avant le terrain rimait avec « être au bon endroit au bon moment » pour faire une photo dans l’action. C’était très sympa, mais aujourd’hui, je suis content d’avoir évolué vers les magazines, car cela me permet de faire des photos plus construites, plus travaillées… Je pense être plus créatif aussi et je peux raconter des histoires à foison. Je construis de A à Z mes shooting et les photos qui vont en ressortir, je ne subis plus l’action, je la crée pour donner naissance à des émotions grâce à l’image.

Vous parliez précédemment de la Marine et du CIN de Brest, quel est votre lien avec la Marine nationale ?

F. S. : Comme je le disais, mes premiers pas dans la photo sont intimement liés à la Marine. J’y suis entré à 17 ans, par le Centre d’instruction navale (CIN) de Brest. J’ai ensuite tenté le stage commando où je me suis blessé, ce qui m’a obligé à revoir mes plans. Depuis, la Marine occupe une place singulière dans ma vie car je repense souvent à l’enfant que j’étais avant d’y entrer, et à l’homme que je suis devenu grâce à ces trois ans d’engagement. 

Cette année, vous candidatez pour devenir « Peintre officiel de la Marine », vous n’avez jamais perdu ce lien avec le milieu maritime ?

F. S. : Jamais ! J’ai toujours eu l’occasion de côtoyer le milieu maritime lors de compétitions de surf ou d’apnée que je photographiais pour L’Équipe mais comme j’ai horreur de l’échec, je ne me voyais pas tenter d’être Peintre officiel de la Marine par peur de ne pas être nommé. J’ai mis ce sentiment de côté quand la Marine elle-même m’a recommandée de candidater, cela m’a donné confiance. Désormais, même mon fils trouve que cela fait sens, c’est une manière de « boucler la boucle ».

Si vous êtes nommé, comment envisagez-vous votre rôle de POM ?

F. S. : Ce sera l’occasion de rendre à la Marine ce qu’elle m’a apporté quand j’étais engagé. Ce sera aussi un grand honneur et surtout de nouvelles photos à explorer et de nouvelles rencontres à faire. Ce titre permet d’embarquer et donc d’être au cœur de l’actualité, parfois même au cœur de conflits. Je ne rêve que d’embarquer et de renouer ce lien avec la Marine et les marins. Je veux découvrir toutes les facettes de l’Institution que je n’ai pas découvertes durant mon engagement.

Les Peintres officiels de la Marine : témoins d'exception

Depuis Louis XIII et Richelieu jusqu'aux peintres embarqués d'aujourd'hui, la Marine française n'a jamais cessé de convoquer les artistes pour témoigner, magnifier et transmettre. Le musée s'associe à Cols bleus pour donner la parole à ceux qui font vivre cette tradition aujourd'hui : les Peintres officiels de la Marine.

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