La bibliothèque historique du musée national de la Marine
Née au XVIIIᵉ siècle autour des collections d’Henri Louis Duhamel du Monceau, la bibliothèque historique du musée national de la Marine témoigne de la transmission des savoirs scientifiques et techniques liés à la construction navale. De la salle de Marine du Louvre aux enrichissements de l’amiral François-Edmond Pâris, elle constitue aujourd’hui un patrimoine documentaire majeur de l’histoire maritime.
Une bibliothèque née au siècle des Lumières
Henri Louis Duhamel du Monceau, inspecteur général de la Marine, fait ouvrir à Paris en 1741 la première école de construction navale, qui deviendra en 1765 l’école des ingénieurs constructeurs des vaisseaux royaux. Duhamel du Monceau fait don de sa collection personnelle de modèles de navires à Louis XV en 1748, à la condition que celle-ci soit conservée dans une salle du Louvre, dite « salle de Marine », ouverte notamment aux élèves ingénieurs.
Premier récolement
La mise sous scellées de la salle de Marine du Louvre en 1793 est l’occasion du premier récolement des 22 ouvrages que contient la collection, par Jean Nicolas Buache de Neuville. Parmi eux, nous trouvons les traités d’architecture navale rédigés par Duhamel du Monceau lui-même, et plus généralement des traités de construction des vaisseaux (Vial du Clairbois, Bouguer, Chapman), de même que la Science Navale d’Euler, ou encore L’Art de la voilure de Charles Romme. Cette première bibliothèque, qui dépeint l’état des savoirs scientifiques du XVIIIe siècle, fut d’abord une collection d’apprentissage et de recherche.
Du musée naval du Louvre à l’affirmation d’un fonds patrimonial
A partir de l’ouverture du musée naval au Louvre, en 1827, l’accroissement des collections progresse grâce à une politique active de fabrication et d’acquisition de modèles à la fois dans les ateliers du musée et dans les arsenaux. Si le premier conservateur du musée, Pierre Zédé, souhaitait voir adosser une bibliothèque au musée, ce projet est contrecarré par la création du musée de Versailles qui passe au premier plan des projets culturels de la Restauration et de la monarchie de Juillet. Léon Morel-Fatio, responsable du musée entre 1852 et 1871, écrit dans son catalogue de 1853 que sous ses prédécesseurs « La bibliothèque reçut un commencement d'exécution, mais fut bientôt abandonnée. ».
L’impulsion décisive de l’amiral François-Edmond Pâris
La collection de la bibliothèque reste ainsi limitée, jusqu’à l’arrivée de l’amiral François-Edmond Pâris, conservateur du musée de 1871 à 1893. Il enrichit la bibliothèque sur ses propres deniers et l’intègre à part entière aux fonds du musée lorsqu’il en publie un catalogue, ce que Morel-Fatio n’avait pas fait lors des publications successives de son inventaire.
Sources et références
Archives nationales, Paris, Série Instruction Publique, Cote F/17/1052/A
Morel-Fatio, L. (1853) : Notice des collections du musée de marine exposées dans les galeries du Musée Impérial du Louvre : 1ère partie, Musée naval, Paris, p. XI (introduction)
Barron G., (2015) : Entre tradition et innovation : itinéraire d'un marin, Edmond Pâris (1806-1893), thèse de doctorat en Histoire, Université Paris Diderot-Paris VII, Paris, annexe 26 : « Livres donnés par Pâris à la bibliothèque du musée » p. 680-698
Pâris E., (1883) : Le Musée de marine du Louvre : histoire - description - construction - représentation - statistique des navires à rames & à voiles d'après les modèles et les dessins des galeries du Musée du Louvre ; avec 60 planches phototypiques inaltérables et 200 vignettes, Paris
Centre de ressources documentaires
Pôle de référence en histoire maritime, le Centre des ressources documentaires du musée national de la Marine, à Dugny, met à disposition des chercheurs une riche collection d’ouvrages patrimoniaux, d’archives privées, de plans de bateaux et de dossiers documentaires issus des collections du musée.