Aux premiers temps de l’océanographie...
...les savants utilisent des techniques d’observation simples : le sondage à main, au fil et au plomb de sonde, pour évaluer la profondeur des mers ainsi que la nature des fonds, la dérive du bateau pour les courants… et quelques instruments de mesure, tel que les thermomètres, ou de prélèvements, telles que les dragues. |
Les travaux de Beautemps-Beaupré (1766–1854)...
...surnommé le « père de l’hydrographie » marqueront un tournant. Il systématise les levées de carte, utilisant le cercle hydrographique inventé par Borda, le long des côtes de la Manche et de la mer du Nord, en Adriatique et dans l’océan Pacifique. |
![]() Le cercle de Borda, d’abord employé pour le calcul des longitudes par les distances lunaires, devient ensuite le principal instrument utilisé pour le levé des cartes.
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La première utilisation massive de moyens d’observation de l’océan...
...remonte à l’expédition du HMS Challenger (1873-1876), corvette de la Royal Navy, qui mesure et étudie la température de l’eau, la profondeur, les constituants chimiques, le contenu biologique, la nature des fonds et les courants océaniques. A partir de cette deuxième moitié du XIXe siècle, bouteilles de prélèvement d’eau, dragues, chaluts, nasses pour la faune… sont systématiquement utilisés. Le treuil, mu à la vapeur, à l’électricité puis à l’hydraulique, et le câble métallique, par la puissance et la solidité nouvelles qu’ils apportent, font partie des perfectionnements qui permettent aux océanographes de progresser considérablement dans leurs travaux de recherche. |
![]() Remontée d'une drague à bord du Challenger
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Electronique et informatique
Si les sondages et dragues ne sont pas complètement abandonnés, de nos jours, électronique et informatique règnent sur une océanographie riche d’un vaste éventail d’instruments de mesure et de prélèvements. Grâce aux systèmes de prise de vue et aux submersibles habités, les océanographes voient les fonds sous-marins et leurs habitants, récoltent et font des expériences à des milliers de mètres de profondeur. La télédétection marine a pour objectif d’effectuer des mesures de la surface de la mer depuis l’espace, grâce aux propriétés des ondes électromagnétiques. La technologie actuelle emploie des systèmes actifs (radars) émettant et recevant une onde électromagnétique réfléchie par la surface de la mer et des systèmes passifs (radiomètres) observent le rayonnement naturel (notamment dans l’infrarouge). Le domaine de cette télédétection est très vaste : météorologie, climatologie, hydrographie, température de surface de la mer, variation de son niveau, courants, pente de la surface marine, vagues et houle, couleur de la mer et richesse biologiques, dérive des glaces et des nappes d’hydrocarbures, etc. |
Le navire reste l’instrument de base multidisciplinaire des océanographes...
...pour l’observation des masses d’eau, du fond et du sous-sol des océans, même si les plates-formes automatiques et les satellites sont des compléments devenus indispensables. Les satellites ont fourni les premières images exploitables des océans dans les années 1970, apportant une vision permanente, globale et instantanée des océans, couvrant des zones très vastes, mais limitée à la surface de la mer. Leurs observations, météorologiques, topographiques du fond des océans, de la hauteur au centimètre près et de la direction de propagation des vagues et de la houle, de la température de surface, de la circulation océanique, etc., doivent donc être associées à celles, ponctuelles, très diversifiées et précises, faites à toutes les profondeurs de la colonne d’eau et sur le fond par les navires de recherche. |
La modélisation
Le programme civil d’océanographie opérationnelle MERCATOR d’établissement d’un modèle en trois dimensions de la dynamique de l’océan mondial, permettra d’accéder à une représentation complète de l’océan, capable à partir de 2006 de délivrer à chaque instant d'un passé récent (quelques années), de l’état présent, ou du futur proche (prévision de l’ordre du mois) une image des courants sur tout le globe. MERCATOR intègre les trois composantes, données recueillies in situ, données satellitales, fournies par Topex-Poseïdon et Jason, satellites océanographiques CNES/NASA mis sur orbite en 1992 et 2001, et modélisation. Les données océaniques, acquises in situ et satellitales, sont traitées et assimilées dans des modèles, synthèse théorique de processus physiques, pour émettre des bulletins d’analyse et de prévisions en temps réel. |
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