
L’exposition d’œuvres d’Ermé Désiré dans le cadre de la biennale PHOTOQUAI est, pour le musée national de la Marine, l’occasion de révéler le travail d’un photographe de talent, inconnu du grand public, sur l’un des chantiers de construction les plus innovants du XIXe siècle.
Photographe français installé au Caire dans le quartier du Mouski vers 1864, Ermé Désiré a laissé très peu d’indices sur lui. Portraitiste, imagier des rues d’Alexandrie et des petits métiers au Caire, il est également l’auteur d’un ensemble remarquable composé de plus de soixante-douze photographies, conservé au musée national de la Marine, sur la construction du canal de Suez. Contrairement à Louis Cuvier, son contemporain, ou à Hippolyte Arnoux qui photographie le canal vers 1880, aucun lien formel n’est établi entre la Compagnie universelle de Suez et Ermé Désiré. Pourtant certaines de ses photographies sont exposées dans le pavillon de la Compagnie lors de l’Exposition Universelle de 1867. Le musée national de la Marine présente pour la première fois un choix de cinquante d’entre-elles, dont quelques panoramas exceptionnels.
A l’initiative et sous la direction de Ferdinand de Lesseps, le percement de l’isthme de Suez commence en 1859. La nouvelle voie de navigation, longue de plus de 160 km, va bouleverser les flux mondiaux du commerce international. Supprimant le détour par le cap de Bonne Espérance, elle permet de raccourcir considérablement la liaison entre l’Europe et l’Extrême-Orient.
Un canal maritime est un objet technique, un ensemble complexe qui peut être envisagé comme une machine hydraulique à l’échelle du territoire. Construit avec de l’eau et destiné à faire circuler de l’eau, il transforme irrémédiablement le paysage.
Les photographies de Désiré donnent à voir la métamorphose d’un paysage à l’ère de la mécanisation des grands travaux.
Le 11 octobre 1866, Ermé Désiré est à Suez pour photographier l’inauguration du bassin de radoub du vice-roi d’Egypte, dont la réalisation a été commandée à une entreprise française. A cette occasion, il commence un « reportage » sur les travaux du canal, photographiant les étapes les plus significatives du canal d’eau douce et du canal de Suez. Ce travail sur le canal et le périple qu’il engendre, l’occupent vraisemblablement plusieurs semaines voire plusieurs mois tant les conditions de prises de vue sont délicates. La préparation des négatifs sur verre au collodion est longue et requiert beaucoup d’habileté. Il se déplace le long des canaux dans un bateau équipé d’un laboratoire photographique.
Sylvie David-Rivérieulx, chef du service communication
Saveria de Bengy, attachée de presse tél. : 01 53 65 69 47
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e-mail : s.debengy@musee-marine.fr
Angelina Meslem, chargée de la collection de photographies
avec le soutien de metro et Planète Thalassa
Inauguration le mardi 23 octobre de 17 h 30 Ã 21 h 30
présentation à la presse à partir de 15 h