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Canot impérial de Napoléon Ier

1810
L 1880 x l.380 x H 545 cm
N° inventaire : 7 SO 2
Exposé Paris, palais de Chaillot
© Musée national de la Marine /Patrick Dantec

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La construction

Le Canot impérial de Napoléon Ier est la seule embarcation de ce type que la France a su conserver dans son intégrité. Sa construction a été décidée dans le plus grand secret au printemps 1810, lorsque l'Empereur proposa de se rendre à Anvers pour visiter l’arsenal, dont il avait ordonné la création quelques années plus tôt. L’ingénieur Guillemard fournit les plans du canot, tandis que le maître Théau, originaire de Granville, en supervise la construction.
Les sculptures décoratives sont confiées à un artiste anversois, Van Petersen. En 21 jours seulement l’embarcation est prête. Elle mesure plus de 18 mètres de long : le tiers arrière est dominé par un rouf richement décoré, tandis que les rameurs occupent tout le reste de l'espace, jusqu'à la majestueuse figure de Neptune.


Détail de l'avant du canot

Entrée dans le port d'Anvers

Le 30 avril 1810, le canot d’apparat fait une entrée remarquée dans Anvers : Napoléon et la jeune impératrice Marie-Louise sont à bord, accompagnés du maréchal Berthier, du ministre de la Marine Decrès et de l’amiral Missiessy, commandant l’escadre de l’Escaut ; un véritable cortège naval les entoure. Pendant plusieurs jours le canot assure les déplacements de l’Empereur qui visite le vaisseau amiral Le Charlemagne, assiste au lancement spectaculaire du Friedland et inspecte l’ensemble de sa flotte.


Vue des figures de proue

Nouvelle ornementation

En 1814 le canot est expédié à Brest où son ornementation est complétée . Elle est mise au goût du jour en 1858 pour accueillir Napoléon III et l’Impératrice Eugénie. C’est de cette époque que datent les éléments sculptés actuels, notamment la figure de proue, le groupe arrière avec les armes impériales et, surmontant le rouf, une grande couronne soutenue par quatre angelots. Même les rames sont ornées de somptueux motifs peints. .


Visite de Napoléon III à Brest, 11 août 1858 par Auguste Mayer

Le canot sorti de l'oubli

Destiné à l’oubli, le Canot de l’Empereur aurait pu finir sous les bombes qui anéantirent Brest à la fin du deuxième conflit mondial. Le miracle veut que le musée de la Marine soit alors en cours de constitution au Palais de Chaillot ; l’espace n’y est pas compté : l’embarcation impériale peut en être le fleuron. Sous la protection des autorités allemandes, le canot quitte Brest le 9 mai 1943. La traversée de Paris en camion est un vrai spectacle pour les badauds. Toute l’opération est contrôlée, mesurée, minutée, mais à Chaillot rien n'est prévu pour permettre au canot d’entrer dans le musée : les portes sont trop étroites ! Plus de deux années de négociations vont être nécessaires pour trouver une solution. Enfin, en août 1945, une énorme brèche est pratiquée dans le mur du Palais de Chaillot et, tout doucement, le canot impérial entre dans le sépulcre dont il ne sortira sans doute jamais. La restauration complète du Canot a été effectué avec le soutien de la Fondation Napoléon.


Vue des figures de poupe