Dessins présentés dans l'exposition Traits de Génies

Traits de génie

Dessins d'ornementation navale
Exposition dossier
[mercredi 5 février 2003 - lundi 5 mai 2003]
Paris, palais de Chaillot

Présentation

Une présentation exceptionnelle de dessins navals issus des collections du musée national de la Marine. Cette sélection est présentée en quatre sections : le bestiaire imaginaire de Pierre Ozanne ; L'école hollandaise : rigueur et réalisme ; Jean Bérain, dessinateur des vaisseaux de Louis XIV ; De Louis XV à l'Empire : les maîtres sculpteurs des arsenaux.

Destinée à faire "esclatter sur mer la magnificence de Sa Majesté"

La décoration des vaisseaux de Louis XIV fut essentiellement confiée à des artistes de cour, d'abord Charles Le Brun (1619-1683), premier peintre du roi, puis Jean Bérain (1640-1711), dessinateur de la chambre du roi, qui conçut les ornements de près d'une centaine de navires de 1685 à 1711.

Les dessins proposés servent une idéologie politique

Ils offrent un programme narratif, le plus souvent d'inspiration mythologique, toujours lié au nom du bâtiment et qui s'étend sur toute la surface à sculpter, c'est-à-dire essentiellement à la poupe, aux bouteilles et à la proue.

Sous le règne de Louis XV, la décoration navale est décentralisée dans les arsenaux de Brest, Rochefort ou Toulon. Les maîtres sculpteurs des arsenaux deviennent à leur tour des concepteurs et non plus de simples exécutants.

Tout au long du XVIIIe siècle, ces décors vont s'appauvrir en perdant leur langage narratif

La fonction essentielle de la sculpture navale consiste désormais à personnaliser le navire de guerre et à l'enrichir esthétiquement. Les sculpteurs doivent donc adapter leurs projets décoratifs aux plans fournis par les constructeurs, sans surcharger le bâtiment ou nuire à son efficacité, tout en respectant une tradition bien établie. Dans les années 1780, la standardisation est de mise, tant pour l'architecture du navire que pour ses décors dont l'utilité ne cesse d'être contestée.

Dès lors, perdant sa vitalité, la sculpture navale va devenir un art purement ornemental. Elle ne s'éteindra tout à fait qu'au milieu du XIXe siècle, avec la disparition des derniers navires de guerre à voile et, par conséquent, de tous les ateliers de sculpture des arsenaux.