Cloche du Mauritius

Port-Louis

Cloche de bord du Mauritius, Bronze, Hollande, début XVIIe siècle
Willem Wilkes, fondeur

Mesures : H. 50 cm, D. 45 cm

Cette cloche fait partie de l’épave du Mauritius un navire de commerce hollandais échoué près du Gabon.


L’épave du Mauritius

En 1609, le Mauritius, navire de la Vereenigde Oost Indische Compagnie (V.O.C.), première grande compagnie maritime et commerciale, s’échoue à proximité du cap Lopez au Gabon. Cet endroit est alors une étape incontournable au retour des Indes pour ravitailler les vaisseaux en eau et en vivres.

Ce trois-mâts d’une quarantaine de mètres de long, a été construit à Amsterdam vers 1601 et, après le drame, une grande partie de sa cargaison est rapatriée en Hollande par les marins ayant survécu au naufrage.

L’épave, découverte à l’occasion d’une prospection pétrolière, gisait par une dizaine de mètres de fond et ses vestiges étaient enfouis sous un monticule de lingots de zinc.

Outre des canons, des pièces d’accastillage et de vie quotidienne, la fouille menée en 1986 a révélé près de 140 tonnes de poivre en sac qui, avec le zinc, représentait l’essentiel de la cargaison. La porcelaine de type bleu et blanc retrouvée sous forme de tessons était presque anecdotique, ce qui laisse à penser qu’elle était rapportée de Chine à titre d’échantillon.

La découverte de la cloche

Vue en gros plan Agrandir l'image : Cloche du Mauritius
Détail de l’inscription, de la Cloche du Mauritius ©Musée national de la Marine /J-M Angles

C’est la découverte de la cloche du Mauritius en 1985 qui a permis de localiser l’épave. Il s’agit d’une grande cloche en bronze pesant 41kg, qui a subi un long traitement par électrolyse pour assurer sa conservation. Au sommet, ses attaches en forme de couronne permettaient de suspendre la cloche. Certaines d’entre-elles ont volontairement été sciées. L’épaule de la cloche est richement décorée de frises en rinceaux alternant avec des angelots ou de masques de gorgones, et da lèvre est simplement ornée de quelques moulures.

L’intérêt de cet objet réside dans l’inscription circulaire qui présente le nom de son fondeur. Elle se lit WILLEM. TONNISEN. GOET. MI. IN. IAR. ONS. HEREN. 1598 et eut se traduire par Willem Tonnisen m’a fondue dans l’année de notre Seigneur 1598.

Willem Tonnisen, littéralement Willem fils de Thonis, appartenait à une des deux plus grandes familles de fondeurs hollandais du XVIe et du début du XVIIe siècle. Son frère, Conrad Anthonisz, est l’auteur du magnifique canon aux armes de Delft également présenté dans les salles du musée de Port-Louis.

 

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