Une exceptionnelle exposition de photographies sur le thème de la construction navale
en France entre 1880 et 1914.
A partir des années 1880, la Marine réalise de nombreuses photographies.
Navires de guerre en mer ou vue des arsenaux forment progressivement un fonds documentaire d'une exceptionnelle richesse. Techniquement, cette période consacre l'apogée des négatifs sur plaque de verre, bientôt détrônés par le négatif souple.
Ces plaques, en général de grand format, offre une qualité d'image inégalée.
Près de 20 000 exemplaires sont conservés au musée national de la Marine, associées
à plusieurs milliers de tirages anciens. L'exposition présente une sélection de 40 images issues de ce fonds, choisies pour leurs qualités esthétiques et documentaires.
Ces tirages donnent une image particulièrement forte d'un moment de notre histoire. Mémoire technologique, elles mettent en scène les prouesses techniques d'un temps
de mutation, où se profilent toutes les tensions de la marche à la guerre. Ce portrait
de la marine militaire, vivant répertoire de toutes les catégories de navires, se double
d'un témoignage humain d'autant plus précieux qu'il est souvent involontaire : ouvriers
et marins, au travail, posant avec fierté ou surpris en action sur une coque d'acier, donnent une densité particulière à cet ensemble. Les hommes des arsenaux, trop
souvent absents de l'histoire, sont ici au premier plan. Enfin, les puissantes perspectives, les dimensions vertigineuses, les jeux d'ombres et de lumière donnent à ces clichés une esthétique particulière d'une très grand force.
Si tous les arsenaux français sont mis en valeur, Rochefort occupe une place de choix dans cette exposition. Dix photographies lui sont consacrées, ainsi que trois plaques de verre, prêtées à titre exceptionnel par le Service Historique de la Défense - département Marine de Rochefort. Entre 1880 et 1914, 78 navires sont mis à l'eau à Rochefort.
Il s'agit, pour l'essentiel, de petites unités bien adaptées aux conditions contraignantes qu'impose la Charente. Sur ces photographies se laisse lire l'image d'un arsenal où règne une forte activité, où les cheminées de nombreux ateliers fument au bord du fleuve encombré d'une multitude de navires. Au tournant du siècle, le déclin ne se fait pas encore sentir et ces clichés sont ceux d'un port qui veut toujours croire en son destin.