Le Canot de l’Empereur est un canot d’apparat. C’est une petite embarcation à rames, décorée, et utilisée dans les arsenaux lors des visites officielles effectuées par les souverains et les chefs d’état. Le tiers arrière est dominé par un rouf spacieux – c’est-à-dire une cabine – destiné à accueillir les personnalités, tandis que les rameurs occupent le reste de l’espace. La proue (à l’avant) représente le dieu de la mer Neptune, la poupe (à l’arrière) représente la déesse de la guerre Minerve avec le médaillon impérial.

La construction du Canot est décidée dans le plus grand secret, au printemps 1810, lorsque l’Empereur Napoléon Ier propose de se rendre à Anvers pour visiter l’arsenal. L’ingénieur Guillemard fournit les plans du Canot, tandis que le maître Théau, originaire de Granville, en supervise la construction. Les éléments décoratifs sont confiés au sculpteur anversois Van Petersen. En 21 jours seulement, l’embarcation est prête ! L’Empereur ne s’en sert qu’à cette occasion. Le Canot, transporté à Brest en 1814, subit quelques modifications. La plupart du programme sculpté date de la visite de l’arsenal par Napoléon III, en août 1858.

Le Canot est à nouveau mis à l’eau en 1903 lors de la venue du président de la République, puis en novembre 1922 pour le ministre de la Marine, Raiberti, à l’occasion du « Triomphe de l’École navale ». En 1943, durant la Seconde Guerre mondiale, le Canot quitte Brest pour Paris sous la protection des autorités allemandes. Le voyage en train dure huit jours : de la gare de Brest à la gare Montparnasse, les voies sont volontairement désertées, car ce convoi exceptionnel ne peut croiser d’autres trains. La traversée de Paris en camion est un vrai spectacle pour les badauds mais, une fois arrivé au Palais de Chaillot, les portes sont trop petites ! Ce n’est qu’en août 1945 qu’une énorme brèche est pratiquée dans le mur pour le faire entrer dans le musée. En 2020, il fait son grand retour à Brest, sur le Plateau des Capucins.

Source : Communiqué de presse, Canot de l’Empereur, Marjolaine Mourot

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