Paimpol, les veuves de marins et Pierre Loti

Pêcheur d’Islande raconte les épreuves de la pêche à la morue auxquelles s’affrontent, au 19e siècle, les rudes marins de Paimpol. Pierre Loti, était sensible à l’épopée de ce grand voyage de six mois dans les brumes des côtes d’Islande. Il a décrit le travail dangereux, épuisant de cette pêche à l’or blanc. Ses risques mortels. Tant de goélettes qui ne reviennent pas au port et laissent des familles démunies de toutes ressources.

Ému par ces veuves et ces orphelins, Pierre Loti a lancé un appel dans Le Figaro en 1887 après deux naufrages de bateaux d’Islandais ainsi qu’on appelait ces hommes, La petite Jeanne et La Catherine ont disparu. Quarante morts. Quarante familles dans la pauvreté absolue. Pas encore d’associations de Secours aux veuves et orphelins. Son appel rencontre un grand succès et des subsides peuvent être distribués aux femmes. 

À Paimpol Loti est bien accueilli. Il vérifie, en compagnie des maires des communes touchées (Ploubazlanec, Plouëzec, Kerity) , que les aides sont bien distribuées en fonction des besoins des familles plus ou moins chargées d’enfants. « C’était lundi matin, à Paimpol, par temps de Bretagne sombre et pluvieux. […] des sommes assez considérables allaient être données. Mais d’autres veuves, de pauvres robes noires attendaient encore à la porte. Depuis la veille, d’autres femmes en deuil venaient me demander et me disaient humblement, sans récrimination, sans jalousie « Moi aussi, j’ai perdu mon mari » […].À la fin j’ai trouvé cette inégalité inique et révoltante. […] j’ai pris sur moi de les faire entrer dans la répartition. C’est alors que j’ai mieux compris l’espèce de protestation courtoise des armateurs de Paimpol ; […] ils étaient effrayés de voir l’argent arriver si vite aux veuves de la Petite Jeanne, quand d’autres femmes du même pays, demeurant porte à porte avec elles, ayant eu le même malheur dans d’autres naufrages, allaient rester dans leur détresse profonde. 

Sur le chemin du retour, une petite fille lui tend un bouquet : Je vous remercie, parce vous avez empêché les petits enfants de Plouëzec d’avoir faim. 

Pour en savoir plus :

L’appel lancé au Figaro par Pierre Loti le 13 juin 1887  initialement pour la petite Jeanne, Pierre Loti se fait le relai du village de Plouëzec à Paimpol.

On s’est adressé à moi, sachant dans le pays que j’ai peut être amené par un de mes livres, un petit courant d’intérêt vers mes amis les pêcheurs »

La lettre de remerciement de Pierre Loti aux lecteurs du Figaro le 18 septembre 1887, et l’intégralité du rapport de Pierre Loti chargé par le journal de la distribution des secours aux veuves et orphelins adressés par les lecteurs du Figaro, en extrait dans cet article.

Les Causeries Curieuses de Rochefort
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