la Grande Pêche la ville et ses habitants, image de Granville

Richard Le Blanc (Granville, 1882 – Granville, 1953), Le Débarquement de la morue, inv. 2001.0.159
Dessin, rehauts de blanc, papier ocre

Loin des images romantiques de la pêche au large des côtes de Terre-Neuve ou de l’attente des femmes, Le Débarquement de la morue illustre le travail austère qui occupe les marins à leur retour au port.

Richard Le Blanc (1882-1953) est un peintre granvillais, portant un intérêt particulier aux foules et à la vie quotidienne. D’abord élève de l’école de dessin de Granville, il entre en 1899 à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris où il est admis à titre définitif en 1902. Il suit également l’enseignement de l’école des Arts Décoratifs. Attaché à sa ville natale, il devient professeur de dessin au cours municipal en poursuivant sa carrière d’artiste. Il expose au Salon des Artistes français et dans la Manche.

L’essentiel de son œuvre a pour toile de fond la vie à Granville, principal port morutier normand, en activité depuis le début du 16° siècle. Richard Le Blanc ne donne pas une vision passéiste de sa ville et de la Grande Pêche mais donne à voir des scènes qui lui sont contemporaines. Son dessin se fait archive. Il décrit ici la poursuite de la voile à Granville au début du 20° siècle, sans la modernisation apportée par la vapeur, les outils de la pesée à la sortie du bateau et enfin la place des femmes.

page_blogNon plus passives, les femmes sont pleinement associées à la pêche. Certes, elles ne montent pas à bord, même quand le bateau est à quai, mais on les voit impliquées dans la principale activité économique de la ville. Le débarquement de la morue, le tri et le comptage des poissons, la préparation du transport sur la carriole au bout du quai, requièrent leur participation au premier plan.

Rehaussée de blanc, la ville s’impose en arrière-plan. Le clocher de Notre-Dame du Cap Lihou, les hautes maisons du port et de la vieille ville de Granville, serrées les unes contre les autres, mettent en valeur l’activité décrite au premier plan. Le maillage étroit des fenêtres, mêlé aux mâts et aux haubans, renforce le caractère industrieux de la scène.

Par l’attention portée à son environnement et la qualité de sa mise en scène, Richard Leblanc nous propose une lecture de la Grande Pêche impliquant la ville entière, le port et ses habitants, complétant ainsi l’image du Terre-Neuva loin des siens.

Pour en savoir plus :

Le musée d’art d’histoire de Granville est à suivre sur Facebook et Twitter

Alexandra JALABER
Conservatrice Adjointe des Musées - 
Musée d'Art Moderne Richard Anacréon - Musée Christian Dior - 
Musée d'Art et d'Histoire  
VILLE DE GRANVILLE

 

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