Sur un air de Paimpolaise

Qui n’a jamais fredonné « J’aime Paimpol et sa falaise  » ? Tous les bretons et même les francophones du Canada connaissent cette ritournelle, mais d’où vient cette mélodie si triste ?

Chansonnier né à Dinan, dans cette jolie cité médiévale du  pays « gallo », Théodore Botrel a écrit cette chanson après avoir lu  “Pêcheurs d’Islande”   de Pierre Loti ; très ému par le malheur de la pauvre Gaud, il fut inspiré, tellement inspiré qu’il en oublia de vérifier toutes les paroles pour la bonne cause  « Pampolaise rimant avec falaise ».

Paimpol existe bel et bien, mais il n’y pas de falaise, ou plutôt si, mais c’est un bar café de nos jours qui porte ce nom !  Pour voir la falaise, il faut aller à quelques kilomètres, Ploubazlanec.

Image extraite du site dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net
Collection Jean-François Petit

Emile Feautrier, chef de musique dans un régiment d’infanterie met les paroles en musique. Pour remplacer un chanteur

manquant un soir au cabaret du Chien Noir à Paris, Théodore Botrel pousse la chansonnette. Pour  rendre plus d’émotions encore, il porte le bargou-braz, costume traditionnel breton.

Depuis ce jour, on n’a jamais oublié Paimpol… sans sa falaise !

Vous avez bien lu c’est le Chien noir et voici quelques mots sur celui-ci.

Jules Jouy poète et chansonnier de Montmartre fonde le cabaret du Chien Noir en opposition au Chat Noir suite à une brouille entre Rodolphe Salis, fondateur du cabaret Le chat noir. Le Cabaret du chien noir fut fondé en 1894 au « Nouveau Cirque » au 251 rue Saint Honoré.

Pour en savoir plus :

Les paroles de la Paimpolaise à retrouver sur Wikipédia au coté des principales chansons de Théodore Botrel

« Quittant ses genêts et ses landes
Quand le Breton se fait marin
Pour aller aux pêches d’Islande
Voici quel est le doux refrain
Que le pauvre gars
Fredonne tout bas :
« J’aime Paimpol et sa falaise
Son église et son Grand Pardon
J’aime surtout ma Paimpolaise
Qui m’attend au pays Breton »

Quand les marins quittent nos rives
Le curé leur dit : « Mes bons fieux,
Priez souvent Monsieur Saint-Yves
Qui nous voit des cieux toujours bleus »
Et le pauvre gars
Fredonne tout bas :
« Le ciel est moins bleu, n’en déplaise

A Saint-Yvon, notre patron
Que les yeux de la Paimpolaise
Qui m’attend au pays Breton »

Guidé par la petite étoile
Le vieux patron d’un côtre fin
Dit souvent que sa blanche voile
Semble l’aile du Séraphin
Et le pauvre gars
Fredonne tout bas :
« Ta voilure, mon vieux Jean Blaise
Est moins blanche au mât d’artimon
Que la coiffe de la Paimpolaise
Qui m’attend au pays Breton »

Le brave Islandais sans murmure,
Jette la ligne et le harpon,
Puis dans un relent de saumure,
Il se couche dans l’entrepont…
Et le pauvre gars
Soupire tout bas :
« Je serions bien mieux à mon aise,
Devant un joli feu d’ajonc,
À côté de la Paimpolaise,
Qui m’attend au pays Breton »

Mais souvent l’Océan qu’il dompte
Se réveille, lâche et cruel,
Et lorsque le soir, on se compte,
Bien des noms manquent à l’appel…
Et le pauvre gars
Fredonne tout bas :
« Pour combattre la flotte anglaise,
Comme il faut plus d’un moussaillon,
J’en caus’rons à ma Paimpolaise,
En rentrant au pays Breton. »

Puis quand les vagues le désigne,
L’appelant de sa grosse voix,
Le brave Islandais se résigne,
En faisant un signe de croix…
Et le pauvre gars
Quand vient le trépas,
Serrant la médaille qu’il baise,
Glisse dans l’Océan sans fond
En songeant à la Paimpolaise
Qui l’attend au pays Breton. »

B.Chéhu-Souvignet
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