Le vestiaire marin
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Tricot rayé d'homme d'équipage modèle 1945 ©MNM/A. Fux et S.Dondain
Le tricot rayé
Il figure sur les représentations de marins dès les années 1820. Porté près du corps, sous la vareuse, il protège du vent et du froid. Les pêcheurs et les marins au commerce le portent également. On compte 22 rayures bleues alternant avec des rayure blanches. A l’origine le tricot rayé sert de sous-vêtement et descend très bas jusqu’à mi-cuisses. Les manches couvrent les bras aux trois-quarts pour ne pas dépasser de la vareuse.

Chemisette de tenue d'été de matelot, modèle 1945 ©MNM/A. Fux et S.Dondain
Chemises et vareuses
Au XIXe siècle, la tenue de marin comprend une chemise blanche ornée d’un col bleu. Elle disparaît au début du XXe siècle mais son col est conservé. Devenu amovible, il se porte entre le tricot rayé et la vareuse. La chemisette blanche à manches courtes apparaît en 1925, pour le service dans les pays chauds. Elle est encore en vigueur aujourd’hui. Le col carré de la chemisette est souligné de trois liserés qui rappelle le col marin. La vareuse à l’origine est une chemise en molleton de laine, portée par temps froid. De nos jours, elle n’est portée que pour les occasions formelles.

Vareuse de matelot, modèle 1949 ©MNM/A. Fux et S.Dondain
Les manches de la vareuse comportent des galons rouges indiquant le grade et du côté droit deux ancres croisées attestant que le porteur est au service de la Marine. La vareuse dispose d’un col en V très échancré sans aucun bouton ou fermeture éclair.

Caban de matelot, modèle 1921 ©MNM/A. Fux et S.Dondain
Le caban
Le caban est un manteau court en drap de laine bleu foncé, porté sur la vareuse par temps froid. Il est cité pour la première fois dans un texte officiel en 1786. Depuis lors, au fil d’une histoire très complexe, il s’est appelé tantôt paletot, tantôt caban. Les larges revers croisés peuvent se replier pour se protéger du froid. Le caban se termine par deux rangées de gros boutons. De grandes poches à ouverture verticale permettent de garder ses mains au chaud.
Les culottes et pantalons à pont
Le pont est un mode de fermeture déjà utilisé pour les culottes masculines sous l’Ancien Régime. Le pantalon long à pont se répand au début du XIXe siècle puis cède la place au pantalon à braguette, aussi bien dans l’habillement civil que militaire. Une exception : la Marine. Le pantalon à pont, adopté à la fin du XVIIIe siècle par les hommes d’équipage, fait aujourd’hui encore parie de leur uniforme. Une culotte à pont comprend sur le devant une pièce d’étoffe que l’on rabat et que l’on attache sur les côtés et à la ceinture avec des boutons. Selon les dimensions du rectangle de tissu, la culotte est “à grand pont” ou “petit pont”. les boutons sont ornés d’ancre de marine.
Le ciré jaune
Les gens de mer, les pêcheurs, ont toujours eu besoin de vêtements imperméables pour affonter le mauvais temps. D’abord ce furent des manteaux en gros drap huilé puis des cirés en tissu enduit souvent de couleur jaune. Le tissu est huilé pour être parfaitement imperméable tandis que la couleur vive permet aux marins d’être visibles de loin par mauvais temps, s’ils tombent à l’eau. Le ciré jaune fut également porté dans la Marine pendant 20 ans de 1933 à 1953. il succédait à un vêtement en tissu huilé noir et fut lui-même remplacé par un ciré vert kaki, puis rouge. La coupe doit être large car elle est portée au dessus des vêtements.La tenue complète comporte un pantalon, des moufles, et un suroît, capuche recouvrant le cou.
L’ancre de marine
Ancre, chemise de quartier rmaître ©MNM/A. Fux et S.Dondain
L’ancre est l’emblème de la Marine. Elle figure sur les boutons et les broderies d’or des uniformes d’apparat des officiers, dits “uniformes de grande tenue”. Sur les habits d’officier de vaisseau, le collet droit est orné de feuilles d’acanthe (plante épineuse). Les uniformes des officiers relevant d’autres corps comportent les broderies figurant des feuilles d’olivier, des feuilles de laurier, des feuilles de chêne et de vigne. Les parements aux poignets sont aussi ornés d’ancres de marine.

Bonnet de travail de matelot, modèle 1901 ©MNM/A. Fux et S.Dondain
Le chapeau de paille et le bonnet à pompon
Apparu au début du XIXe siècle, le bonnet de laine, toujours en vigueur de nos jours, est l’emblême des marins par excellence. Nul ne sait d’où vient le terme de “bachi” employé en argot de bord pour le désigner. La houppette de laine a d’abord été bleue et rouge avant d’être entièrement rouge. Au XIXe siècle, on utilisait pour la teindre la cochenille, un colorant naturel produit par un insecte. Par la suite, on utilise la garance, un colorant produit par une plante pour enfin être remplacée par des colorants artificiels. Le chapeau de paille rond porté pour le service dans les pays chauds a disparu en 1923, après avoir inspiré tous types de canotiers pour hommes et femmes. Un texte de 1833 nous apprend que le marin devait fabriquer lui-même son chapeau de paille à l’aide de matériaux fournis par le magasin général.
Réalisation : G. Créïs