Concert au musée

Le musée national de la Marine a le plaisir de présenter un récital de mélodies dans le lieu unique du palais de Chaillot, au sein-même des collections du musée.

Lundi 6 avril 19h00

Duo ténor / piano. Récital de mélodies sur la mer et les hommes qu’elle inspire
   
Au fil des œuvres de Gabriel Fauré, Claude Debussy, Jean Cras, Darius Milhaud, Ernest Chausson, mais aussi d’Emmanuel Chabrier et Hector Berlioz, les auditeurs  navigueront sur les vagues des mélodies françaises du XIXe et du début du XXe siècle, et sentiront l’enthousiasme et les peines de la vie de marin. Le voyage sera poétique, accompagné de Charles Baudelaire, Paul Verlaine, Théophile Gaultier, et tant d’autres. La mer est mise en musique, tandis que sont contées les aventures humaines au cœur des océans.

Programme détaillé :
Jean Cras, Correspondances (Charles Baudelaire)
Claude Debussy, La Mer est plus belle que les cathédrales (Paul Verlaine)
Jean Cras, Soir sur la Mer (Virginie Hériot)
Claude Debussy, Jardins sous la pluie, pour piano
Gabriel Fauré,  Les Matelots (Théophile Gautier)
  Larmes (Jean Richepin)
  L’horizon Chimérique (Jean de la Ville de Mirmont)
  Les Berceaux (Sully Prudhomme)
  La Fleur qui allait sur l’eau (Catulle Mendès)
Louis Auber, Aigues Marines (Renée Vivien)
Darius Milhaud, La Chanson du Capitaine (J.R Bloch)
Emmanuel Chabrier L’île heureuse (Ephraïm Mikhaël)
Ernest Chausson, La Sérénade italienne (Paul Bourget)
Hector Berlioz, L’île Inconnue (Théophile Gautier)

Xavier Mauconduit, ténor et Thomas Palmer, piano
Étudiants au Conservatoire de Paris / CNSMDP
Classe de musique de chambre de Philippe Bernold
Marie van Rhijn, médiation
Étudiante au Conservatoire de Paris / CNSMDP
Classe d’histoire de la musique 1er cycle de Florence Badol-Bertrand

Droit d’entrée : 10 euros – réservation conseillée au 01 53 65 69 53
Musée national de la Marine, palais de Chaillot
17 place du Trocadéro – 75116 Paris

 

C’est par les voix réunies du Jean Cras (1879-1932) et de Charles Baudelaire que s’ouvre ce récital autour de musiques françaises du XIXe et du début du XXe siècles. Dans Correspondances, « Les parfums, les couleurs et les sons se répondent », écrit le poète, que reprend l’officier de marine musicien ; la mélodie très calme évoque le temple de la nature.
Deux tableaux de la mer se dessinent ensuite, le premier trace, avec emphase, l’éloge de la mer et sa beauté, attirante et redoutée. Avec les couleurs propres à Claude Debussy et le texte de Paul Verlaine qui voit la mer sous des « airs bleus, roses, gris et verts », l’oreille se laisse bercer tandis que les yeux imaginent une peinture raffinée, où il est difficile d’opter pour un seul coloris tant les touches sont variées et fines. Dans l’estampe de Virginie Hériot et Jean Cras, la mer « est mauve avant de devenir grise ». La partie de piano, épurée, nous la montre lisse, glacée et étrange ; tandis que le chant se referme tel un cercle avec le retour de la métaphore de la mer et du miroir, utilisée au tout début.
Au piano, une autre facette de l’eau apparaît ensuite avec Jardins sous la pluie où nous retrouvons Claude Debussy. Dernière pièce du triptyque Estampes (1903), nous y entendons des gouttes de pluie poétiques, des chants d’oiseux plus mélancoliques, mais aussi deux chansons traditionnelles françaises, Nous n’irons plus au bois et Dodo, l’enfant do.
Plusieurs mélodies de Fauré suivent. La première le lie à Théophile Gautier pour le début d’un récit de voyage, avec le départ de jeunes matelots. A partir du texte de Jean Richepin, La Mer, Fauré peint ensuite dans Larmes, la tristesse et la douleur salée des marins éloignés de leur famille. Ces larmes versées transfigurent la mer consolatrice en une étendue d’eau agitée, source de désarroi.
Avec les mots de Jean de la Ville de Mirmont, le compositeur nous emmène vers L’Horizon chimérique à travers quatre visions. Dans La Mer est infinie, le piano figure les vagues et la mesure à trois temps nous entraîne au rythme des flots. Cet effet sensoriel  s’amplifie dans Je me suis embarqué, où le roulis nous surprend et la voix et le piano tanguent de concert.
L’histoire de ce marin se poursuit avec la rencontre des femmes, telles Diane ou Séléné, qui prennent le rôle de sirènes, ensorcelant par leur beauté l’aventurier des mers. Il les quitte avec regret et « aspire vers la paix de sa nocturne flamme » dans une mélodie toute limpide. Pour finir cette série, la mélodie Vaisseaux, nous vous aurons aimés présente les pensées de personnes attendant en vain sur la terre ferme le retour de navires familiers. Leurs aspirations sont différentes, bien qu’effrayés par la mer, l’appel du lointain et de « grands départs inassouvis » demeurent au plus profond d’eux. Fauré montre ici la mer comme réalisation des rêves.
En 1883, la mélodie Les Berceaux compare le balancement du berceau avec le mouvement des bateaux qui tanguent sur l’eau. Le titre original du poème de Sully Prudhomme est Le long du quai.  Ici encore, le piano joue sur un rythme qui produit un effet entre le simple balancement et le tangage. Pour finir ce « cycle Fauré », le poème de Catulle Mendès, La Fleur qui va sur l’eau, raconte une noyade. Seule est sauvée une rose portée par la jeune fille et qui dérive à la surface, observée par des oiseaux marins.
Les nuances de l’aigue-marine se retrouvent dans la mélodie homonyme, qui compare le corps d’une femme à cette pierre pâle, bleu-verte. C’est toujours de femmes que parle la mélodie suivante, La Chanson du capitaine, composée par Darius Milhaud et J.R. Bloch : « La femm’ et la mer laquell’ tu préfèr’s, ça vaut pas mieux, ça n’vaut pas moins, ça s’vaut tout’deux. »
La volupté des flots s’insinue dans l’Ile heureuse de Chabrier, sur des paroles de Mikhaël, tout comme dans la Sérénade italienne de Chausson et Paul Bourget, qui met en scène un couple d’amants. Le ternaire nous rapproche encore des vagues claquant sur la gondole dans une pulsation régulière. Pour finir notre périple, nous visiterons L’île inconnue de Berlioz, dernière mélodie du cycle Les Nuits d’été, sut un texte de Théophile Gautier, qui nous invite au voyage.                                       
Marie van Rhijn

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